Paroisse St Jean Eudes - St-Sauveur-Lendelin Ancteville -La Ronde-Haye -Vaudrimesnil -St-Aubin-du-Perron-St-Michel-de-la-Pierre -Le Mesnilbus -Montcuit -Hauteville-la-Guichard -Montsurvent -Muneville-le-Bingard

 

Samedi 29 novembre 2025 

Messe anticipée

Marcher à la lumière du Seigneur.

 

Lecture du livre du prophète Isaïe (2, 1-5)

Parole d’Isaïe, – ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem. Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Ils diront : « Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. » Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur. Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur.

 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (13, 11-14a)

Frères, vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie, mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ.

 

Bonne nouvelle de Jésus Christ selon saint saint Matthieu (24, 37-44)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

 

 

Commentaire :    

Marcher à la lumière du Seigneur

               L’Avent est un moment privilégié pour nous préparer à accueillir la venue de Dieu dans notre histoire. C’est aussi un temps de conversion pour que l’Enfant-Dieu naisse ou renaisse en nous.

Être en état de veille

              L’Avent est un temps pour renforcer l’espérance. Période de préparation à Noël. Mais c’est aussi le moment pour cette conversion du coeur face à la vie, à l’histoire et à Dieu, le Dieu de l’espérance et de la promesse. L’histoire de l’humanité est un grand avent, un chemin vers le futur : Dieu et son Royaume prennent chaire dans notre histoire.

              « Dépouillons-nous, en effet, des œuvres des ténèbres et revêtons-nous des armes de la lumière » dit St Paul (Rm 13,12). Rejetons les armes qui provoquent violence, mensonge, désespérance ; adoptons celles qui assurent la paix, établissent la justice et créent la fraternité entre les peuples. Ces armes possèdent un visage ou un modèle qui est venu à nous comme lumière du monde. C’est pour cela que Paul invite à « nous revêtir du Seigneur Jésus Christ » (v 14).

              Soutenus par son Esprit, nous serons en état de veille, attentifs à sa venue. Le Fils de l’Homme peut nous surprendre à n’importe quelle heure (Mt 24, 44), au cours de nos rencontres quotidiennes avec les êtres humains, que, lui, transforme en ses frères. Delà, l’exigence d’être toujours en état de veille (v 42), d’entendre le cri des plus pauvres, d’aider et de dynamiser les espérances profondes d’un monde meilleur.

       L’attente du Seigneur ne nous coupe pas de notre histoire ; elle nous engage avec elle ; en effet, nous attendons ce Dieu qui est déjà venu et qui est avec nous. Cette espérance est peut-être ambitieuse, mais elle vaut la peine. Elle nous aidera à reconnaître ce qu’il y a d’incohérent dans notre comportement personnel, ce qu’il y a de tromperie, de double langage dans nos vies ; mais nous découvrirons aussi ce qu’il y a de beau, ce qu’il y a de bon dans tous ces efforts pour défendre la vie et la justice.

De leurs épées, ils forgeront des charrues

                 Aujourd’hui, la liturgie nous présente cette belle utopie de l’humanité que nous rapporte le  prophète Isaïe (et aussi Le prophète Michée 4, 1-3). Ce texte nous parle de la maison et du temple du Seigneur, lieux sacrés, symboles de la présence de Dieu au milieu de son peuple (v 2-3). Au centre de l’histoire, c’est le Seigneur qui attire et dynamise la marche des peuples. Et il est bon de nous interroger : dans quelle direction nous nous orientons ?

       Il serait bon que notre réponse soit : en direction de la paix et de la fraternité entre tous. C’est un désir que nous devons tous partager. Mais le chemin qui se présente, nous déconcerte ; il ne correspond pas à nos calculs ; nous sommes trop souvent habitués à penser selon le dicton : « Si tu veux la paix, prépare la guerre ! »

       Si les peuples se décident à choisir Dieu comme juge et comme arbitre entre les nations, il y a comme première condition : « Ils n’apprendront plus à faire la guerre » (v 4). Et vient l’énoncé d’une sorte de programme politique, économique, pacificateur, dans la fameuse expression : « De leurs épées, ils forgeront des socs ; et de leurs lances, des faucilles ».

       Notre monde a toujours réservé d’énormes sommes d’argent pour développer l’industrie de la guerre, de la destruction et de la mort. Le pape François, au cours d’une visite au Japon, dénonçait cette folie des armes nucléaires comme armes de dissuasion. Et le pape Léon utilise le même langage.

       Le texte d’Isaïe propose le désarmement total, en commençant par le coeur des hommes, coeur où naît la violence injuste, et où se construisent les stratagèmes qui préparent les conflits et les guerres.

       Quelle décision sage et lumineuse, quand nous lisons cette invitation du prophète Isaïe : « Marchons à la lumière du Seigneur » (v 5).

       Et St Paul d’insister dans sa lettre aux Romains : « Revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ », le prince de la Paix (13, 14a).

               En ce temps de l’Avent, puissions-nous marcher à la lumière du Seigneur.

                         Puissions-nous être humblement des artisans de paix !

 

Michel ANQUETIL