12 avril 2026
Dimanche de la Divine Miséricorde
« Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Jean 20, 29
Lecture du livre des Actes des Apôtres (2, 42-47)
Les frères étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres. Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun. Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés.
Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1, 3-9)
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps. Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu –, afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ. Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-31)
C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.
Commentaire :
Avec allégresse et simplicité de coeur
Les célébrations de la mort et de la résurrection de Jésus, durant la semaine sainte, restent dans notre mémoire. Les textes de ce dimanche font référence à ces événements qui ont marqué la vie des disciples et aussi notre histoire.
Paix et Mission
Jean, l’auteur de cet évangile, se propose de nous rapporter quelques uns des signes réalisés par Jésus. Il écrit ces lignes « pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom » (Jn 20, 31).
Croire, c’est avoir la vie. Et avoir la foi, c’est croire en la vie. Pour Jean tout commence par la rencontre et l’expérience vécue avec Jésus (Jn 1,35-39). L’évangéliste se présente comme un témoin des Actes et des Paroles de Celui qui a vaincu la mort et qui est ressuscité.
Ce témoignage est propre aux disciples, à ceux qui ont marché à la suite du Maître, attentifs à tous ses faits et gestes sur ces chemins de la Galilée, où ils ont été parfois questionnés et souvent déconcertés. Croire fut pour eux tout un processus difficile, mais joyeux.
Quand Jésus mourut sur la croix, leur grande crainte était de penser que tout pouvait se terminer là. Par ailleurs le monde qui les entourait leur était devenu hostile. Mais le Seigneur Ressuscité – comme le raconte ce passage de Jean - apparut au milieu d’eux et sa présence leur a transmis la Paix (20, 19-21 et 26). En même temps cette même présence comportait une autre exigence : »comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (20, 21). Ils vont être les continuateurs de son œuvre.
Nous recevons ce témoignage ; et avec lui, non seulement la Paix, mais aussi la Mission.
D’une certaine façon, Thomas nous représente dans ce récit : il n’a pas vu le Seigneur Ressuscité. Nous non plus ! Jésus reproche à Thomas la non–acceptation du témoignage des autres disciples. C’est un reproche affectueux : « Cesse d’être incrédule, sois croyant » (20,27). Et il ajoute : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (v 29). Jean insiste beaucoup sur les différents témoignages : celui du frère, celui qui s’est transmis de génération en génération, comme celui d’aujourd’hui. Ainsi peut arriver à nos propres oreilles, la Bonne Nouvelle de l’Evangile.
En communauté
Selon le livre des Actes des Apôtres, rendre témoignage de la Résurrection du Seigneur fait naître la communauté. En font partie ceux qui croient en la vie. Avoir la foi implique partager avec les autres le meilleur de nous-mêmes « en fonction des besoins de chacun » Act 2, 45). La foi chrétienne ne consiste pas seulement en la présentation de vérités abstraites ; c’est savoir partager la vie de tous et de chacun (joies, peines, projets..). C’est aussi illuminer cette vie en lisant et en méditant ensemble la Parole de Dieu. C’est également partager le Pain de l’Eucharistie. Enfin c’est partager ce que nous possédons avec ceux qui sont dans le besoin. Ainsi vivaient les chrétiens des premières communautés « avec allégresse et simplicité de coeur » (Act 2, 42-47)
Recevoir la Paix que nous apporte le Christ Ressuscité et continuer à construire cette paix sont une même tâche. C’est une mission animée par une « vivante espérance » ((1Pi 1,3), avec la responsabilité de communiquer cette espérance. Quand celle-ci disparaît dans le coeur d’une personne ou d’un peuple, il ne reste plus que tristesse, repli sur soi, ou ténèbres…
La Bonne Nouvelle de la Résurrection doit être annoncée avec allégresse. C’est une joie profonde qui n’empêche pas les difficultés ou les épreuves (Pi 2, 6), mais qui inclut les nombreux signes de vie vécus par tous les croyants qui suivent les pas de Jésus, le Ressuscité.
Nous avons à vivre ensemble cette Bonne Nouvelle, avec la même allégresse et simplicité de coeur.
Michel ANQUETIL